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Paroles 21 octobre
Ma mère disait il faut être sage et quand finiras-tu de sourire au nuage au lieu d’apprendre ta leçon
combien font quatre et trois et combien font tiens-toi droite je me demande comment tu oses t’asseoir à table avec des mains si noires montre tes ongles c’est du propre mange ta soupe
et ne réplique pas pour coudre il faut un dé a-t-on jamais cousu sans dé encore des égratignures tu as grimpé dans l’arbre lorsqu’on est bien élevée on ne siffle pas dans la rue
on ne chante pas dans la rue
on ne court pas dans la rue
cette enfant me rendra folle bonne nuit mon trésor. Mon père grondait Le vent me consolait bonne nuit mon trésor. Ma mère pleurant ma petite fille ma petite folle ma fauvette enfuie
mon ventre meurtri ma lointaine chair mes bras déchirés printemps en allé ton désir est fou reste auprès de nous. Ma mère pleurant mon père pensif et tard dans la nuit
longs conciliabules, ils parlent tout bas de l’enfant perdue sourde
à toute parole à tout ce qui n’est pas
la muette ferveur le silence d’amour
que chante un étranger.
Comme naguère émerveillée, j’écoute au creux des porcelaines une captive mer,
bruissante pour moi seule, ma mémoire est poreuse aux litanies humaines, aux tendres jérémiades, aux raisons raisonnables,
aux recommandations, à toute prévision, aux voix de ceux qui veillent, aux pleurs de ceux qui craignent,
à tous les cris d’alarme, et j’entends seulement ce palpitant oiseau,
que réchauffent mes mains. Et l’on aura beau faire, et l’on aura beau dire, Comme naguère émerveillée,
je cours dans la rue, souris aux nuages, et grimpe dans l’arbre
Ma mère pleurant le vent la console, et je n’entends plus que cette parole nos mains se cherchant.
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