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Nocturne
Dans la torpeur des interrègnes Quand s’assoupissent les duègnes D’un tesson d’étoile je peigne
Mes doigts épars,
Jusqu’à la nuit je suis recluse, Mais la lune, experte en ruses Vient pour dégrafer les écluses
Lorsqu’il est tard,
Alors se descellent les cages Et des ribambelles d’images Au long du jour prises, en otage,
Se dévergondent,
Fuient en gambades illicites, S’assemblent en noces fortuites, Se nouent, tournant toujours plus vite
La folle ronde
Vagabonde, sur la cadence Echevelée. Phosphorescence Des points d’orgue sur le silence,
Morse strident.
La vitre aux paupières blafardes Cloue dans cette orgie une écharde Et son regard trouble s’attarde
Déliquescent,
Sur ces ténèbres tressautantes Où des corolles rutilantes S’épanouissent en chuintant
Feu d’artifice
Tandis qu’en cohortes maussades Les contraintes et les brimades Ereintées par la bousculade
S’évanouissent
Fluets fantoches aux pas débiles ; C’est l’heure où ronflent les édiles, Très grotesques statues d’argile
Du piédestal
Chues, sous les édredons ventrus Couvant leurs panses bien repues Comme peau de tambour tendues,
Ciel viscéral,
Cependant l’aiguille fragile D’un chant de grenouille surfile Ce voile que tissent habiles
De pollen blond
Les doigts du vent, et les rêves, Jusqu’à ce que le jour se lève Farandolent sans plus de trêve,
Baisant mon front
A satiété. Dans l’interrègne Se sont assoupies les duègnes, D’un tesson d’étoile je peigne
Mes doigts épars.
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